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Pourquoi suis-je devenue sage-femme ?
Témoignage de Nadine Barthels, sage-femme à la Maternité Grande Duchesse Charlotte (CHL : Centre Hospitalier de Luxembourg) depuis 2003 :


Etre sage-femme, était-ce une vocation pour vous ?


A la fin de mes études d’infirmière, suivies au Luxembourg, j’avais la certitude que je deviendrai sage-femme un jour. Au cours de ma formation, j’ai effectué différents stages dont un en maternité. Attirée par le contact avec les familles ainsi que par l’humanité de ce métier, j’ai voulu continuer l’école. Malheureusement, il n’y avait pas de classe offerte cette année-là.

Alors j’ai accepté un poste comme infirmière en service d’oncologie. Ce poste me plaisait tellement que je ne pensais plus devoir retourner à l’école un jour. Mais l’idée d’être sage-femme ne me sortait pas vraiment de la tête. Après huit mois de travail, j’ai pris la décision de m’inscrire dans une classe de sage-femme.
Avec beaucoup de plaisir j’ai réussi mes études. J’ai découvert ce beau métier qui est aujourd’hui plus que mon métier, qui est ma vie.


En quoi être sage-femme relève, selon vous, davantage d’un « état » que d’une profession ?


Avant d’être sage-femme, quand je rentrais du travail, ma vie privée commençait. Aujourd’hui je ne suis pas seulement sage-femme durant mes heures à la maternité, mais je suis sage-femme à « plein temps » ! Je donne des cours, je réponds aux questions des copines et connaissances. Je ne fais donc pas uniquement mon travail chez mon patron.


Qu’est-ce qui vous a conduit à opter pour une pratique hospitalière ?

Je ne me suis jamais posé la question de travailler en libéral. Pendant mes études, je n’ai jamais découvert ce volet de notre profession. Une fois mon diplôme en poche, je me suis tout naturellement tournée vers l’hôpital où j’ai des avantages: comme le cadre que représente l’institution, la présence rassurante du matériel nécessaire et du corps médical en cas de problème.


Comment qualifieriez-vous le rôle des sages-femmes au sein de l’hôpital ?


Pour moi, le plus important dans notre métier, hormis les connaissances théoriques et pratiques, c’est de garder de l’humanité dans une maternité. Ce qui n’est pas toujours évident dans une société qui réclame de plus en plus médicalisation et sécurité.
Nous accompagnons les femmes et les couples dans l‘un des moments clef de leur existence. Même si nous ne pouvons pas les suivre au-delà de leur séjour à la maternité, nous partageons avec eux une fabuleuse aventure humaine. Au fond, nos contacts sont brefs mais riches, intenses, chargés d’émotion. Nous vivons quotidiennement des choses très fortes.
Et puis, il y a ce travail en équipe, parfois délicat mais le plus souvent très enrichissant car nous devons toujours confronter nos points de vue et nous remettre en question.


Comment envisagez-vous votre avenir de sage-femme ?


Je pourrais très bien imaginer de commencer à travailler en tant que sage-femme libérale, pour découvrir cette autre facette de mon métier, tisser d’autres liens avec les parents et leurs bébés. Etre présente plus longtemps auprès d’eux pour préparer et suivre les premiers pas dans leur vie à construire.
 

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